La grande traversée est une émission réalisée par François Balcaen, coproduite par les Productions Rivard et Zone 3. Ce projet de grande envergure a été diffusé sur les ondes de Ici Radio-Canada à l’été 2017. Mettant en vedette dix participants qui jouent le rôle de colonisateur de la Nouvelle-France, ceux-ci ont vécu la traversée de l’Atlantique sur un navire à trois mâts pendant 55 jours en respectant les commodités de l’époque.

Entrevue avec François Balcaen, réalisateur de cette série documentaire à saveur historique...

Quelle a été votre approche pour réaliser cette série documentaire à saveur historique coproduite par les Productions Rivard et Zone 3 et diffusée par Radio-Canada? Aviez-vous travaillé une scénarisation préalable pour minimiser la prise de risques que comporte tout tournage soumis à l’imprévisible? 

François Balcaen : Je suis content que tu emploies le terme de série documentaire, car c’est vraiment ça! Ce n’est pas une téléréalité. Je dirais que mon approche pour la réalisation a été de trouver un bon compromis entre les scènes authentiques et une histoire visuelle que l’on raconte. Selon moi, c’est ce qui a fait la force de La grande traversée. Pour preuve, lorsque l’on faisait du montage en ligne ou de l’étalonnage avec des personnes qui ne parlaient pas le français, elles étaient souvent interpelées par la série, car elles pouvaient lire l’émotion sur les visages des protagonistes et trouvaient des « cues » visuels auxquels se raccrocher. Je crois que mon approche peut s’expliquer par le fait que depuis l’âge de quinze ans, j’ai été amené à travailler sur de gros plateaux de tournage en fiction et en dramatiques. En fait, j’appréhende souvent le monde sous forme de scénarisation visuelle. Pour moi la vie, c’est un long métrage!  

Avec Monique Fournier, notre scénariste et Micheline Arbez, notre productrice déléguée, on a beaucoup travaillé sur la scénarisation des séquences à La Rochelle en France. Mais une fois en mer, on définissait plutôt des idées ou des concepts que l’on aimerait tourner. On était beaucoup plus dans la réaction propre au documentaire. Nous pouvions de temps à autre anticiper les tournages grâce aux discussions que nous avions avec le capitaine de l’Espérance. Nous savions ainsi ce que les colons allaient faire le lendemain.  

 

Quelles étaient vos «contraintes» de départ imposées par le diffuseur et les producteurs? 

 

François Balcaen: Nous devions créer dix heures de télévision, soit deux heures de plus par rapport aux autres séries que les Productions Rivard avaient produit auparavant. En fait, cela s’est avéré être un véritable avantage. Nous avons eu plus de temps pour développer la psychologie des personnages et pour suivre leur cheminement personnel. Deux animateurs exceptionnels, Mylène Paquette et Francis Reddy faisaient partie de l’aventure, mais ils ne sont pas montés à bord du vieux gréement. J’ai donc dû trouver une solution pour qu’ils restent présents dans l’esprit des colons et des téléspectateurs. C’est comme ça que m’est venue l’idée du coffre de lettres écrites avant le départ que nous avons données par la suite aux colons, à des moments significatifs de l’aventure en mer. En plus de créer de nouvelles opportunités visuelles, ce concept a permis de maintenir un lien entre les colons et les animateurs tout au long de la traversée. L’autre contrainte évidente était le confinement de l’équipe technique à bord. Nous avons dû réfléchir à un horaire adapté et professionnel. Nous avions également le défi des six jours à La Rochelle où nous avions énormément de scènes à tourner. Enfin, il a été nécessaire de nous ajuster à la réalité de la vie à bord. Cela nous a pris quelques semaines avant de pouvoir nous organiser techniquement et nous mettre en mode de tournage quotidien.  

Comment avez-vous préparé et organisé votre tournage? 

François Balcaen: Louis Paquin des Productions Rivard a eu cette idée, il y a six ans. Avant que j’embarque dans la prérecherche, il a développé le projet avec Micheline Arbez et Jacques Payette, le producteur de ZONE 3 INC. Mon implication s’est faite six semaines avant le départ, ça a été très rapide. J’ai voulu, dans un premier temps, faire connaissance avec l’équipe technique et me familiariser avec l’équipement dont nous allions disposer. Je voulais qu’il soit adapté à la qualité de production que je désirais apporter. Le plus important pour moi était de m’assurer qu’il nous permettrait d’aller plus loin qu’un documentaire normal avec tournage à la main, entrevues et « B Roll ». Je voulais vraiment qu’il y ait une scénarisation et une narration visuelle. Nous devions pouvoir faire différents types de tournage. J’ai demandé par exemple un petit « dolly » et un « slider ». Je voulais également être capable de voir le bateau de l’extérieur et pour cela, je devais savoir s’il était possible d’utiliser nos petits drones, quelles que soient les conditions météorologiques. J’ai aussi parlé avec notre directeur photo, Michel Valiquette de la possibilité de tourner avec un cerf-volant. Il en a trouvé un de deux mètres de diamètre sur lequel nous avons suspendu une caméra stabilisée qui nous a permis de tourner lors de vents plus forts et de trouver des hauteurs intéressantes.  

Au niveau de la scénarisation et du côté plus psychologique, j’ai discuté énormément pour me faire une idée des activités intéressantes à tourner en mer. Parce qu’un plateau de tournage de 19 pieds 8 de large sur 150 pieds de long, ce n’est pas très grand… On s’est donc fait des listes d’activités à faire en mer et des tâches de la vie quotidienne qui nous attendaient sur le bateau. Ça a été le gros de nos recherches. J’avais également en tête des images avec les colons comme, par exemple l’entrainement en chaloupe. Nous avons produit dix scénarisations possibles pour nous guider. 

Un énorme travail a aussi été fait en recherche d’accessoires. On a confectionné des petites barriques en France, un accessoiriste de Montréal nous a aidés à trouver certains objets anciens dans des friperies ou des marchés aux puces et des artisans en ont créé d’autres, de toute pièce. De plus, nous avons eu accès à des artefacts, c’était vraiment excitant! 

Comment était composée votre équipe de tournage? 

François Balcaen: À bord, on était une toute petite équipe de huit personnes composée d’une productrice déléguée, d’une scénariste, d’un « data wrangler », de deux caméramans, de deux preneurs de son et de moi-même. Dans la partie que nous occupions à bord, il y avait dix-huit couchettes à deux étages. Nous les avons utilisées pour ranger notre équipement de façon sécuritaire et nous nous sommes aménagé un petit « salon » pour travailler. On avait aussi une génératrice pour alimenter nos caméras, nos ordinateurs et nos disques durs. Nous devions être en mesure de décharger nos cartes mémoires, car nous avons tourné pas moins d’une trentaine de terabytes de piétage, ce qui correspond en gros, à un peu plus de 1700 heures. Nous avions également un mixeur de son central, car chaque colon portait un micro sur lui du matin jusqu’au soir. Sur un bateau avec une coque en acier, nous avons aussi dû faire face à des défis d’interférences au niveau du son et dans les transmissions d’images sans fil.  

Quel ton et quel rythme vouliez-vous donner à cette série documentaire? 

François Balcaen: Pour moi l’authenticité de l’expérience vécue par les colons était primordiale. Ça passait avant tout par le bateau en lui-même. Le Picton Castle est un bateau de pêche construit en 1928 et rebaptisé pour la série L’Espérance.  En 1991, il fut converti en voilier 3 mats. Il est l’un des rares voiliers sur la planète à utiliser des voiles en coton cousues main, à avoir des poulies en bois, un cordage en chanvre et où le travail des matelots se fait encore comme à l’époque de nos ancêtres. Nous avons voulu recréer l’univers sonore et sensoriel des vieux gréements du 17e. Le grincement de la cale était bien réel même si nous n’étions pas sur un bateau avec une coque en bois. Là où les colons dormaient, le plateau avait été conçu avec du bois franc taillé à la main et installé par des artisans. On voulait que les colons vivent dans un environnement identique à celui des grandes traversées de l’époque. Mais le fait que les colons aient été amenés à travailler comme matelots avec un équipage du 21e siècle parlant anglais a apporté une touche contemporaine à cette série en faisant écho à certains enjeux actuels comme l’immigration et la question des réfugiés.  

Je voulais vraiment que ça bouge, qu’il y ait du rythme. Tu sais à l’époque, nos ancêtres n’étaient pas certains d’arriver en Nouvelle France. D’ailleurs, 15 à 20 % d’entre eux mourraient durant la traversée. La quête de nos colons était donc bien différente. La question pour eux était de savoir s’ils sortiraient intacts psychologiquement de cette aventure, s’ils seraient capables de s’améliorer en tant que personnes et si cela leur permettrait de prendre du recul vis-à-vis des grandes questions de notre société. Même si cette épopée s’est avérée fantastique et a demandé d’énormes efforts physiques, il est très rapidement devenu clair pour les colons que tout allait se jouer au niveau psychologique. Ce constat nous a amenés à nous demander comment nous pouvions rendre cette série intéressante et excitante pour les téléspectateurs. Pour donner du rythme à la série, nous avons joué avec les contrastes entre les moments d’introspection ou de routine quotidienne et les phases durant lesquelles les colons devaient accomplir des activités intenses et urgentes. La surprise d’un coup de vent ou d’une tempête par exemple apportait du relief à notre trame dramatique.  

 

Comment êtes-vous arrivé à imprimer votre personnalité de réalisateur sur cette œuvre qui s’attache avant tout à restituer le réel? 

François Balcaen: Pour moi, l’histoire et l’émotion doivent venir de l’image et les mots viennent ensuite s’y greffer. Au cinéma, on prend vingt-quatre images par seconde, elles doivent être bonnes. Quand tu fais un mouvement de caméra, idéalement, tu vas d’une belle image marquante à une autre. Il doit y avoir une évolution dans l’émotion entre la première image et la dernière d’un plan composé. En documentaire c’est beaucoup moins évident à réaliser, mais c’est vraiment ce que je désire obtenir. Avec cette série, je voulais des scènes et des images marquantes. J’aime beaucoup les dramatiques où l’on voit un cheminement psychologique chez les personnages. C’est ma quête. Quand je fais une entrevue avec quelqu’un, j’aime voir sa pensée évoluer au fil de sa réponse. Certaines entrevues de colons en sont de bons exemples. Dans leurs réponses, on peut les voir prendre conscience de certaines choses simultanément. C’était incroyable, ce sont ces moments que je recherchais! J’aime cette authenticité dans l’action et la parole. 

De quel matériel disposiez-vous pour tourner vos images et comment les avez-vous travaillées? 

François Balcaen: Michel Valiquette, notre directeur technique avait trouvé des caméras pour tourner dans le noir, car tout se faisait souvent à la lueur de la chandelle dans la cale. Nous ne voulions surtout pas être ralentis par l’installation d’un éclairage. En gros, on voulait être en mesure de tourner n’importe où et n’importe quand. Nous avions misé sur deux jeux de caméras, un pour l’obscurité et l’autre pour la lumière du jour. On avait également une dizaine de Go Pros que l’on pouvait installer un peu partout. J’ai bien fait attention à ce que ces plans « stylisés » cadrent toujours avec l’ensemble et je ne m’en suis servi que pour enrichir une scène. On avait également trois drones à bord. On disposait d’un système de fixation RONIN qui nous permettait de stabiliser la caméra lorsque nous devions courir sur le pont pour certaines prises. On possédait enfin une caméra capable de tourner sous l’eau qui nous a été très utile pendant les tempêtes et la baignade.   

Si certaines séquences étaient tournées « run and gun », je voulais avoir un mouvement fluide, plus léché pour les séquences à caractère psychologique. Nous utilisions alors un dolly motorisé qui faisait bouger la caméra. Les scènes aériennes avec les drones ont permis d’ajouter de la valeur à notre production. On a ainsi pu créer un univers dans son entièreté.  

 

Comment vous y êtes-vous pris pour que la simple présence de la caméra n’agisse pas trop sur l’environnement et que le réel ne soit pas trop mis en scène? 

François Balcaen: On avait installé une caméra dans le mur de la cale, les colons savaient qu’elle était là, mais ils l’oubliaient souvent. On pouvait ainsi tourner pendant que l’on mangeait ou durant la nuit. Je pense que le fait d’être toujours présents avec eux, tout en parlant le moins possible entre nous et en nous comportant comme des petites souris, a beaucoup aidé à gagner leur confiance. La fatigue et la routine aidant, ils finissaient par baisser la garde et ne faisaient plus vraiment attention à nous. On avait aussi la possibilité d’enlever certains panneaux dans la cale pour tourner sans les déranger dans leur quotidien. Dans ma réalisation, j’essayais de les interrompre le moins possible dans leurs conversations et leurs échanges. Je laissais rouler et quand ils revenaient sur des sujets pertinents pour nous, c’était souvent meilleur! C’est souvent un choix que je fais quand je suis en vidéo, ça permet d’améliorer le contenu. 

« Lorsque l’on m’a proposé ce contrat, ma première inquiétude a été le mal de mer. Je m’étais donc préparé mentalement à devoir travailler dans ces conditions. »

Quels sont, selon vous, les plus grands défis de tournage lorsque l’on est sur un bateau? 

François Balcaen: J’avais déjà tourné sur des bateaux à quelques reprises, mais je n’avais jamais encore dormi à bord. Quand tu tournes sur un bateau tout prend toujours plus de temps. Tu ne poses rien au sol, car ça va forcément rouler et passer par-dessus bord. Pour les entrevues par exemple, lorsque l’on voulait installer des diffuseurs, on passait énormément de temps à tout attacher. Un autre paramètre évident à prendre en compte, c’est le mouvement. Il faut apprendre à composer avec le tangage et le roulis. L’eau salée est cruelle pour l’équipement. On avait une caméra de rechange au cas où nous en aurions perdu une, ce qui n’est heureusement jamais arrivé. On pouvait également se faire arroser par des vagues que l’on ne voyait pas venir et nous devions autant que possible protéger nos caméras, ce qui n’est pas toujours facile lorsque l’on est dans le feu de l’action. Pour moi, la plus grosse contrainte a été l’horaire du bateau. L’équipe technique devait manger avec l’équipage à heures fixes et non négociables, soit 7 h 30 ou 8 h le matin, 11 h 30 ou midi et 18 h. La nourriture était rationnée et débarrassée tout de suite après. Notre horaire de tournage devait donc être établi en fonction de ces paramètres, un changement radical par rapport aux conditions d’un plateau de tournage typique. Pour les tournages avec la petite chaloupe, il fallait demander l’autorisation au capitaine et, selon les conditions météorologiques, la réponse pouvait être négative. Je n’étais donc pas complètement en contrôle de l’environnement de tournage. Je devais toujours avoir en tête un deuxième ou un troisième plan à tourner.  

 

Est-ce que la promiscuité pendant 55 jours a eu un impact sur votre façon d’appréhender et de pratiquer votre art? 

François Balcaen: Lorsque l’on m’a proposé ce contrat, ma première inquiétude a été le mal de mer. Je m’étais donc préparé mentalement à devoir travailler dans ces conditions. J’avais acheté tous les médicaments possibles et imaginables, mais heureusement, mon corps s’est adapté au bout d’une semaine. Tout est devenu plus facile ensuite! La promiscuité pendant deux mois a amené son lot de moments plus ou moins difficiles, mais avec mon expérience de tournage dans la jungle du Panama ou encore dans les grands froids, j’avais été capable de prévisualiser le pire du pire. J’avais aussi une entière confiance dans le capitaine, l’équipage, le bateau et notre équipe technique. Ce qui a été moins évident pour moi, c’est d’avoir été éloigné de ma famille aussi longtemps. J’en ai donc profité pour me plonger entièrement dans cette expérience. Il faut dire que je n’aurais certainement pas l’opportunité de faire une autre série à bord d’un tel navire et ça, c’est « bucket list »! J’ai vraiment toujours essayé de compartimenter mon cerveau entre le personnel et le professionnel. 

Quels ont été vos rapports avec les «colons» et l’équipage? Comment avez-vous su faire la part des choses entre le «voyeurisme» qu’exigeait le concept de la série et le respect de l’intimité des 10 participants? 

François Balcaen: J’étais à l’aise pour m’immiscer parmi les colons à m’importe quel moment. Ça faisait partie de la « game ». Nous avons aussi réussi à instaurer de la distance entre l’équipe technique, les colons et les marins. Trois groupes distincts coexistaient à bord. Je pense que cela a poussé les colons à se recentrer sur eux-mêmes. Seules notre scénariste et notre productrice déléguée communiquaient avec eux et ils n’étaient ravitaillés qu’une fois par semaine. De mon côté, je ne voulais pas briser ce mur et quand certains cherchaient à discuter avec moi, je leur répondais que je le ferais une fois arrivé à Québec. Plus les jours passaient, moins c’était facile, mais je crois que cela a créé des liens véritables et un attachement sincère entre les colons. Durant les quarts de veille, on avait demandé à ce qu’ils soient quasiment en « quarantaine » pour minimiser leurs contacts avec les marins. On voulait maintenir une vraie séparation entre les deux mondes, celui du 16e-17e et celui du 21e siècle. Les séquences des bouteilles à la mer ont aussi favorisé l’introspection et ont aidé les colons à lâcher-prise et à aller plus loin dans leurs réflexions. Nous n’avons jamais tourné d’image en cachette. Ce n’était pas notre but. On voulait pouvoir capter de l’intimité et de l’authenticité, mais dans le contexte d’une situation donnée. Je crois que nous avons bien réussi ce pari!      

 

Enfin, comment avez-vous vécu cette aventure en tant que réalisateur et que vous a-t-elle apporté pour la suite de votre parcours professionnel? 

François Balcaen: C’est ma plus belle expérience en tant que réalisateur. Oui, j’ai eu le privilège de travailler comme chef machiniste sur des longs métrages américains de plus de cinquante millions de dollars de budget, mais La Grande traversée a été une expérience incroyable pour moi, j’ai adoré ça! Elle a exigé beaucoup de logistique et de préparation, surtout pour les scènes tournées en France. J’apprécie tout particulièrement de prendre une idée sur papier et de l’approfondir dans la planification. Dans les documentaires que j’ai pu réaliser jusqu’à présent, j’ai toujours aimé me sentir à la frontière entre l’action du moment et la scénarisation. Je ne changerais rien à cette aventure, je n’ai aucun regret. Il y a bien sûr certaines choses que je ferais différemment, car je suis toujours en apprentissage et c’est ce qui fait la beauté de mon métier. Je suis très fier de notre équipe et je remercie les colons d’avoir accepté de s’ouvrir à nous de façon si touchante. Grâce à ce beau travail d’équipe, je crois que nous avons réussi à créer une série intelligente, émotionnelle qui a su capter l’attention du public. À présent, j’aimerais beaucoup retrouver le monde de la fiction et des dramatiques en tant que réalisateur, car c’est ma passion. La Grande traversée m’a appris beaucoup de belles choses sur la nature humaine, mais aussi sur moi-même.  

Photos MICHELINE ARBEZ

Une coproduction de LES PRODUCTIONS RIVARD et ZONES 3

À voir en ligne sur ICI.RADIO-CANADA.CA

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